Les différentes méthodes d’évaluation des stocks

(ou Comment se simplifier la vie en se la compliquant!)

Vous savez qu’il existe plusieurs façons d’évaluer les stocks d’entreprise. Vous êtes-vous demandé si la méthode utilisée par votre système de gestion convenait bien aux besoins de votre entreprise? La réponse n’est peut-être pas aussi simple que vous le croyez.

Dans les prochains bulletin nous analyserons deux des méthodes d’évaluation des stocks les plus couramment utilisées (La méthode FIFO et la méthode du coût standard) et nous extrapolerons les conclusions aux autres méthodes dans un tableau comparatif.

Afin de rendre l’analyse plus structurée, établissons d’entrée de jeu les différents critères à retenir lors de l’évaluation :

L’exactitude, ou comment la méthode choisie reflète bien la valeur des stocks de l’entreprise. À titre d’exemple, on peut facilement convenir qu’on n’utilisera pas la même méthode d’évaluation pour les stocks d’un marchand de bois que pour les stocks d’huile brute dans une raffinerie.
La facilité d’utilisation.
L’imputabilité. La méthode choisie doit permettre d’attribuer la juste part des profits et pertes sur manipulations d’inventaires (Profits sur ventes, efficacité aux achats, rendement à la fabri–cation, etc…) aux responsables concernés.

La méthode FIFO (First In First Out)

Cette méthode, couramment utilisée, établit la valeur d’un produit en stock comme si les items en main à tout moment étaient les derniers reçus et, en corollaire, que l’on livre toujours les plus anciens items (ceci, quelque soit l’ordre utilisé en pratique lors de la manutention du produit).

L’exactitude

Puisque les pratiques modernes de gestion obligent à attribuer un nouveau numéro de produit à chaque fois qu’une des caractéristiques d’un produit change, on peut assumer que tous les produits portant le même numéro de stock sont fonctionnellement identiques et ce, quelque soit l’âge de l’item retenu. Le biais apporté par la méthode d’évaluation est donc négligeable, sinon immatériel.

La facilité d’utilisation

La coût d’un produit en inventaire est formé de la somme du prix d’achat, des frais de transport, d’assurance, des frais de douanes et de courtage et du taux d’échange si il provient de l’étranger.

Or, chacune de ces composantes du coût provient de fournisseurs différents dont les factures pour ces coûts et services s’appliquent souvent à des lots différents, nous arrivent à des dates différentes et ce, souvent en devises différentes. L’effort d’appariement (« matching des différentes pièces justificatives à chaque réception ») dans les situations complexes (typiques dans un monde de libre-échange) devient rapidement phénoménal. Or rappelez-vous qu’il faut être capable de rattacher ces composantes de coût à chacune des unités de chaque produit en stock.

L’imputabilité

Dans le monde des années mille neuf cent tranquille, on pouvait se contenter d’évaluer précisément les stocks d’entreprise une ou deux fois par année pour s’assurer que la rentabilité réelle correspondait à la rentabilité prévue lors de l’établissement des listes de prix. Si il y avait une différence matérielle, on effectuait des analyses ponctuelles pour tenter d’en trouver la cause. La réponse arrivait souvent plusieurs semaines plus tard.

Les pratiques modernes de gestion exigent que le coût des ventes (corollaire du coût des stocks) soit connu pour chaque transaction afin d’évaluer en temps réel la rentabilité de chacun des produits et des secteurs de l’entreprise. Souvent les produits sont vendus bien avant que les factures pour les différentes composantes du coût nous soient parvenues et celles-ci nous parviennent bien souvent après la date de tombée pour la préparation des résultats périodiques de l’entreprise. Ainsi selon cette méthode, l’appariement des coûts aux produits vendus devient fastidieuse, et ce facteur de complexité est décuplé dans les entreprises où les retours de stocks sont courants.

La situation devient encore plus lourde dans le cas des entreprises manufacturières où le coût d’achat du matériel utilisé doit être suivi pour chaque lot de chaque étape de production.

La méthode du coût standard

Cette méthode, autrefois utilisée presque uniquement par les entreprises de fabrication, devient plus couramment utilisée par des entreprises œuvrant dans plusieurs autres secteurs d’activités. Elle consiste à déterminer de façon théorique le coût d’un produit au début du cycle des affaires et d’utiliser ce coût durant toute la durée du cycle des affaires pour évaluer ce produit.

L’exactitude

On pourrait reprocher à cette méthode son manque d’objectivité face aux coûts réels des produits. Cependant, tout bon système informatisé permet de comparer en tout temps le coût réel à date pour un produit (FIFO, moyen ou dernier coût) avec le coût standard. Toute variation incontrôlable (imputable à des facteurs externes à l’entreprise) est donc détectée en temps réel et l’entreprise peut choisir de modifier en cours d’exercice le standard utilisé.

La facilité d’utilisation

Un des grands avantages de la méthode du coût standard est de simplifier le suivi des coûts rattachés à chaque manipulation du produit. À l’utilisation de la méthode FIFO, l’on devait attribuer à chaque manipulation les coûts accessoires y afférents. Un des avantages indéniables de la méthode du coût standard est d’intégrer facilement au coût de chaque produit tous les coûts afférents à l’achat des matières premières: Transport, douane, courtage, entreposage, assurances… même si ceux-ci proviennent de fournisseurs autres que le fournisseur du produit.

L’imputabilité

L’exercice de détermination du coût standard se fait en coordination avec les intervenants de l’entreprise qui ont un certain contrôle sur le coût réel du produit.

Par exemple, on demandera à l’acheteur d’indiquer quel devrait être pour la saison prochaine, le coût (incluant tous les frais) des denrées utilisées par l’entreprise. Toute acquisition subséquente à un coût autre que le coût standard créera une différence comptable appelée « variance » qui ira s’inscrire à un compte comptable propre à l’acheteur en question. Sa performance peut être ainsi constamment évaluée.

On constate donc que la performance de chaque fonction de l’entreprise directement responsable d’une des composantes du coût ou du la marge bénéficiaire (Achats, Production, Ventes, etc.) peut ainsi être évaluée. Il en découle que la différence entre le profit brut budgeté et le profit brut réel de l’entreprise pour toute période donnée peut être expliquée par responsabilité fonctionelle et conséquemment mieux contrôlée.

Chez DCi, nous préconisons l’utilisation de la méthode du coût standard, mais permettons aussi l’usage de la méthode FIFO, du coût moyen et du coût spécifique lorsque nécessaire.

Voici donc un tableau résumant les différentes méthodes d’évaluation des stocks couramment utilisées ainsi que leur facilité à répondre à chacun des trois critères choisis.

Méthode d’évaluation Exactitude Facilité d’utilisation Imputabilité
Coût FIFO Très bon Difficile Pauvre
Coût Spécifique Excellent Très difficile Bonne à très bonne
Coût Moyen Bon Très difficile Pauvre
Coût Standard Bon à très bon Très facile Excellente

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